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INCONDUITE SEXUELLE RÉVÉLÉE! |
SIGNES RÉVÉLATEURS
Alors, comment identifier les agresseurs sexuels présents dans nos écoles? En regardant les communiqués de presse et les publications concernant les récents procès hautement médiatisés, on remarque que les coupables de ces actes apparaissent souvent comme des individus « normaux », c'est-à-dire l'image classique du père au bon comportement, des gens orientés vers la famille et qui ont eux-mêmes des enfants, des gens actifs au sein de leur communauté ou de leur institution religieuse. Ils sont souvent très intelligents, bien articulés et très charismatiques. Ils possèdent une maison, paient leurs impôts et font leurs paiements de voiture, comme la plupart des gens. En surface, il est pratiquement impossible de déceler un agresseur.
En dépit de la perception populaire, l'inconduite sexuelle dans les écoles implique rarement des agresseurs atteints de dysfonctionnement ou de maladie mentale. Le profil psychologique d'un agresseur sexuel est très complexe et dépasse largement le cadre de la présente publication. Cependant, d'après diverses publications sur le sujet, nous savons que les agresseurs font partie des grandes catégories ci-dessous.
(1) L'agresseur souffrant de fixation : (a) le prédateur sexuel « op portuniste », motivé par le pouvoir, le contrôle et la gratification sexuelle; ou (b) le pédophile, motivé par la gratification sexuelle avec des enfants; ou (c) une combinaison de (a) et de (b).
(2) L'agresseur régressif : Il s'agit de l'agresseur qui fait preuve de peu de jugement. Ce peut être un individu qui entretient des relations personnelles avec des élèves, croyant que son comportement est inoffensif ou acceptable parce qu'il pense que l'élève fait ce qu'il veut. Ou encore, il peut faire preuve de mauvais jugement si, et lorsque, la bonne occasion se présente.
(3) L'agresseur au « piètre ego » : Les délits de cette catégorie sont généralement de l'ordre du harcèlement, c'est-à-dire un individu qui harcèle sexuellement et dont le com portement, bien qu'il ne soit pas nécessairement criminel, est insensible et inapproprié. Il peut s'agir, entre autres choses, de commentaires sur les attributs physiques d'un élève, de remarques suggestives ou offensantes, de propositions d'intimité physique et d'autres comportements de nature sexuelle.
Comme c'est le cas pour tous les comportements humains, un individu qui commet un acte d'inconduite sexuelle peut faire preuve de comportements décrits dans l'une ou plusieurs des catégories ci-haut. L'une des croyances les plus répandues est que toute personne impliquée dans une inconduite sexuelle avec un enfant ou un adolescent est un pédophile; or, aucune preuve n'ex iste à ce sujet. La plupart du temps, l'inconduite sexuelle résulte d'un mauvais jugement, d'une occasion, ou de ces deux facteurs. Peu importe la raison, le résultat de ces actes est toujours dévastateur pour les victimes.
L'un des outils les plus efficaces pour identifier les signes révélateurs de l'inconduite sexuelle est sans doute les rumeurs. Nous avons été habitués à percevoir l'information véhiculée par ce moyen de communication informel comme des commérages, des informations mensongères auxquelles on ne peut généralement pas se fier. Cependant, dans plusieurs procès récents hautement médiatisés pour inconduite sexuelle par des enseignants, il a été découvert que de nombreuses personnes avaient entendu des rumeurs à ce sujet pendant des années avant que des accusations soient portées contre les individus en question. Étant donné le stigmate lié au fait d'être victime d'inconduite sexuelle, on comprend très bien que les victimes en parlent à leurs amis, préférant l'anonymat des rumeurs à un quelconque processus de plainte formelle. Bien qu'on doive d'abord faire preuve de bon sens, toute rumeur d'inconduite sexuelle doit être ra portée et faire l'objet d'une enquête poussée.
Le signe révélateur le plus important est évidemment le dépôt d'une plainte. Toute plainte, qu'elle soit verbale ou écrite, doit être prise au sérieux et traitée de manière appropriée. Lorsqu'il a examiné le procès de Kenneth DeLuca, ordonnée par un décret en conseil (le 5 mai 1999), l'auteur, l'honorable Sydney L. Robins, soulignait six stéréotypes d'enfants plaignants qui, à son avis, interféraient avec les mesures adéquates prises par le conseil scolaire contre l'enseignant qui avait commis l'agression :
(1) la croyance selon laquelle les enfants et leurs récits d'abus sexuel sont essentiellement douteux;
(2) la croyance selon laquelle les allégations d'abus sexuel d'un élève sont douteuses à moins que la plainte ou la révélation n'ait été faite que peu de temps après l'événement;
(3) la croyance selon laquelle les allégations d'inconduite sexuelle d'un élève sont douteuses si cet élève a eu, auparavant, des activités sexuelles;
(4) la croyance selon laquelle tous les enseignants qui agressent sexuellement des enfants sont des pédophiles;
(5) la croyance selon laquelle les enseignants n'abusent sexuellement des enfants que dans des situations d'isolement; et,
(6) la croyance selon laquelle il n'y a pas de traumatismes psychologiques et affectifs associés à l'agression sexuelle dans les cas où cet abus est moins intrusif sur le plan physique.
Comme dans chaque situation où la réputation personnelle est en jeu, il y a un risque de fausses accusations, lesquelles peuvent être dévastatrices pour la carrière d'un individu.
Cependant, une politique du conseil scolaire qui définit clairement les limites de l'inconduite sexuelle et qui est bien annoncée, de même qu'une procédure de traitement des plaintes systématique et équitable connue de tout le personnel aideront grandement à réduire les risques de fausses accusations. Pour créer un élément de dissuasion de ce type d'inconduite, tous doivent connaître les limites, et toutes les plaintes doivent être vérifiées équitablement.
Les signes révélateurs d'abus sexuel peuvent prendre plusieurs formes, y compris des changements dans le comportement de la victime. Par exemple, des résultats scolaires à la baisse, un comportement de retrait, des crises de colère et l'absentéisme peuvent indiquer que l'élève est victime d'abus sexuel. Toutefois, ces facteurs peuvent également être les symptômes d'autres problèmes. Il ne faut donc pas sauter aux conclusions sans avoir préalablement procédé à une vérification adéquate. Surveillez les enfants « vulnérables », c'est-à-dire les enfants qui vivent des problèmes familiaux (séparation, divorce, problèmes de garde légale, etc.), ou qui ne profitent de la présence d'un modèle masculin ou féminin dans la famille. Les enfants qui correspondent à ce profil risquent souvent de devenir victimes d'abus sexuel puisqu'ils vivent souvent des troubles affectifs et éprouvent un sentiment d'insécurité qui les poussent à se tourner vers quelqu'un en qui ils ont confiance, comme un enseignant. Cette vulnérabilité affective peut non seulement attirer l'attention d'un agresseur, mais peut également mener l'élève à obtempérer à des demandes inappropriées qu'il aurait refusé, n'eût été de cette vulnérabilité.
La plus grande leçon à retenir est qu'il faut être attentif aux signes d'abus et ne pas les ignorer lorsqu'ils sont présents. Si l'on ne réagit pas, les problèmes ne feront qu'empirer et encore plus d'enfants deviendront d'innocentes victimes.
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